Il existe des denrées qui enflamment les plumes. Et je pense notamment à la manière unique que possède notre chère Maïté pour traiter de la préparation d'un cassoulet. Comment ? Vous n'avez pas lu son dernier best-seller ? Blasphème ! Elle y pose les bases de l'humanisme à la plancha et du romantisme en sauce. Lisez-le, bon Dieu, lisez-le !
Non, vraiment il existe des denrées qui méritent d'être ainsi édifié. A quoi bon alourdir sa bibliothèque avec de la poèsie et de la littérature ? Pour quelles raisons ? Les livres de cuisine ne sont-ils pas utiles ? Eux !
C'est pour cela que j'en ai eu cure de creuser mon cervelet spongieux en quête d'histoires abracabrantesques et j'ai, de ce fait, décidé de vous livrer ici la rédaction d'un petit texte qui traite de la plus infâme des choses qu'il m'a été donné de déguster, j'ai nommé le Cheesy Bread.
Plaçons, si vous le voulez bien, le contexte !
Certains parmi vous pantouflardent à l'idée même de préparer le repas quand tombe la nuit. Ces larves molles se saisissent alors de leurs téléphones, composent le numéro d'une société spécialisée dans la livraison à domicile et patientent, mollement avachies dans un canapé qui étouffera non sans peine quelques pets d'impatience...
J'ai été de ceux là. Je l'avoue. J'ai été, dans un tout premier temps, très intrigué par le descriptif de cette entrée si peu courante. « Bâtonnets de pâte fraîche au fromage et à l'ail » indiquait le site internet.
Je lui donne, ainsi qu'un tas d'autres informations confidentielles que je préfère garder secrètes dans la mesure où tu serais capable de te poster au bas de chez moi pour ne serait-ce qu'avoir le plaisir de m'apercevoir ! Je te connais figure toi, petit pélican.
Je tente de retrouver au fond de ma mémoire le nom improbable que portent celles sur lesquelles nous avons jetés notre dévolu.
Elle m'apprend que nous serons livrés dans 45 minutes
Je la remercie et raccroche.
A la minute même où j'ai entrouvert la boîte contenant « cette chose », j'ai compris que je n'avais jamais été, de toute ma vie, ainsi mis en contact avec pareille incohérence culinaire.
Imaginez plutôt une gousse d'ail qui aurait été placé au c½ur d'une boule de pain. Cette même boule aurait été plongée par des soins sans égal, dans une solution composée à 97% de lipides et autres matières grasses liquides. Au bout d'une dizaine de minutes d'imbibation, la boule aurait été extirpée et aurait été placée, aplatie, au creux d'un four moderne, thermostat 7.
Une flopée de minutes plus tard, la boule aurait été dorée à point. Des perles d'huile s'écouleraient même le long de ses flancs luisants. Oui, elle aurait été parfaite !
Une fois cuite, elle aurait été placée dans une machine en forme de boîte, une machine qui serait en charge de créer des nuages d'huile et de beurre. La boule serait ainsi exposée pendant une nouvelle poignée de minutes à des vents de matières grasses très puissants...
Non, vraiment il existe des denrées qui méritent d'être ainsi édifié. A quoi bon alourdir sa bibliothèque avec de la poèsie et de la littérature ? Pour quelles raisons ? Les livres de cuisine ne sont-ils pas utiles ? Eux !
C'est pour cela que j'en ai eu cure de creuser mon cervelet spongieux en quête d'histoires abracabrantesques et j'ai, de ce fait, décidé de vous livrer ici la rédaction d'un petit texte qui traite de la plus infâme des choses qu'il m'a été donné de déguster, j'ai nommé le Cheesy Bread.
Plaçons, si vous le voulez bien, le contexte !
Certains parmi vous pantouflardent à l'idée même de préparer le repas quand tombe la nuit. Ces larves molles se saisissent alors de leurs téléphones, composent le numéro d'une société spécialisée dans la livraison à domicile et patientent, mollement avachies dans un canapé qui étouffera non sans peine quelques pets d'impatience...
J'ai été de ceux là. Je l'avoue. J'ai été, dans un tout premier temps, très intrigué par le descriptif de cette entrée si peu courante. « Bâtonnets de pâte fraîche au fromage et à l'ail » indiquait le site internet.
- « Do*****'s Pizza, bonsoir ? »
- « Bonsoir, ce serait p... »
- « Vous pouvez patienter s'il vous plait ? »
- « Euh.. Oui, oui... Je peux ! »
- « Bonsoir, ce serait p... »
- « Vous pouvez patienter s'il vous plait ? »
- « Euh.. Oui, oui... Je peux ! »
Le temps accomplit son oeuvre pendant que moi, plus modestement j'inspecte les ongles postés à mes extrêmités antérieures.
- « Je vous écoute monsieur ! »
- « Ce serait donc pour faire une command... »
- « Attendez, vous pouvez patienter s'il vous plait ? »
En fond sonore, je l'entends décrocher. Elle invite son interlocuteur à patienter et me revient, à demi essouflée.
- « Je suis à vous ! »
Elle, elle doit être étudiante. En droit ou en socio, je ne saurais dire. Mais elle a la voix douce, très douce. Elle arrondit ses fins de mois dans ce clapier farineux, cette usine à champignons, ce cloaque fordiste, ce four à p... - « Ce serait donc pour faire une command... »
- « Attendez, vous pouvez patienter s'il vous plait ? »
En fond sonore, je l'entends décrocher. Elle invite son interlocuteur à patienter et me revient, à demi essouflée.
- « Je suis à vous ! »
- « Monsieur ? »
- « Oui, pardonnez moi. Donc, ça sera une formule 4MDC »
- « Votre numéro de téléphone s'il vous plait ? »
- « Oui, pardonnez moi. Donc, ça sera une formule 4MDC »
- « Votre numéro de téléphone s'il vous plait ? »
Je lui donne, ainsi qu'un tas d'autres informations confidentielles que je préfère garder secrètes dans la mesure où tu serais capable de te poster au bas de chez moi pour ne serait-ce qu'avoir le plaisir de m'apercevoir ! Je te connais figure toi, petit pélican.
- « Quelles pizzas voulez-vous ? »
J'énumère.
- « Et les entrées ? »
Je tente de retrouver au fond de ma mémoire le nom improbable que portent celles sur lesquelles nous avons jetés notre dévolu.
- « Des Kick'n'chicken et un cheesy bread, s'il vous plait. »
Elle m'apprend que nous serons livrés dans 45 minutes
Je la remercie et raccroche.
A la minute même où j'ai entrouvert la boîte contenant « cette chose », j'ai compris que je n'avais jamais été, de toute ma vie, ainsi mis en contact avec pareille incohérence culinaire.
Imaginez plutôt une gousse d'ail qui aurait été placé au c½ur d'une boule de pain. Cette même boule aurait été plongée par des soins sans égal, dans une solution composée à 97% de lipides et autres matières grasses liquides. Au bout d'une dizaine de minutes d'imbibation, la boule aurait été extirpée et aurait été placée, aplatie, au creux d'un four moderne, thermostat 7.
Une flopée de minutes plus tard, la boule aurait été dorée à point. Des perles d'huile s'écouleraient même le long de ses flancs luisants. Oui, elle aurait été parfaite !
Une fois cuite, elle aurait été placée dans une machine en forme de boîte, une machine qui serait en charge de créer des nuages d'huile et de beurre. La boule serait ainsi exposée pendant une nouvelle poignée de minutes à des vents de matières grasses très puissants...
Le résultat ?
Le voici :
Le voici :



