Le Cheesy Bread :

Il existe des denrées qui enflamment les plumes. Et je pense notamment à la manière unique que possède notre chère Maïté pour traiter de la préparation d'un cassoulet. Comment ? Vous n'avez pas lu son dernier best-seller ? Blasphème ! Elle y pose les bases de l'humanisme à la plancha et du romantisme en sauce. Lisez-le, bon Dieu, lisez-le !
Non, vraiment il existe des denrées qui méritent d'être ainsi édifié. A quoi bon alourdir sa bibliothèque avec de la poèsie et de la littérature ? Pour quelles raisons ? Les livres de cuisine ne sont-ils pas utiles ? Eux !
C'est pour cela que j'en ai eu cure de creuser mon cervelet spongieux en quête d'histoires abracabrantesques et j'ai, de ce fait, décidé de vous livrer ici la rédaction d'un petit texte qui traite de la plus infâme des choses qu'il m'a été donné de déguster, j'ai nommé le Cheesy Bread.

Plaçons, si vous le voulez bien, le contexte !

Certains parmi vous pantouflardent à l'idée même de préparer le repas quand tombe la nuit. Ces larves molles se saisissent alors de leurs téléphones, composent le numéro d'une société spécialisée dans la livraison à domicile et patientent, mollement avachies dans un canapé qui étouffera non sans peine quelques pets d'impatience...
J'ai été de ceux là. Je l'avoue. J'ai été, dans un tout premier temps, très intrigué par le descriptif de cette entrée si peu courante. « Bâtonnets de pâte fraîche au fromage et à l'ail » indiquait le site internet.

- « Do*****'s Pizza, bonsoir ? »

- « Bonsoir, ce serait p... »

- « Vous pouvez patienter s'il vous plait ? »

- « Euh.. Oui, oui... Je peux ! »

Le temps accomplit son oeuvre pendant que moi, plus modestement j'inspecte les ongles postés à mes extrêmités antérieures.

- « Je vous écoute monsieur ! »

- « Ce serait donc pour faire une command... »

- « Attendez, vous pouvez patienter s'il vous plait ? »
En fond sonore, je l'entends décrocher. Elle invite son interlocuteur à patienter et me revient, à demi essouflée.

- « Je suis à vous ! »

Elle, elle doit être étudiante. En droit ou en socio, je ne saurais dire. Mais elle a la voix douce, très douce. Elle arrondit ses fins de mois dans ce clapier farineux, cette usine à champignons, ce cloaque fordiste, ce four à p...
- « Monsieur ? »

- « Oui, pardonnez moi. Donc, ça sera une formule 4MDC »

- « Votre numéro de téléphone s'il vous plait ? »

Je lui donne, ainsi qu'un tas d'autres informations confidentielles que je préfère garder secrètes dans la mesure où tu serais capable de te poster au bas de chez moi pour ne serait-ce qu'avoir le plaisir de m'apercevoir ! Je te connais figure toi, petit pélican.

- « Quelles pizzas voulez-vous ? »

J'énumère.

- « Et les entrées ? »

Je tente de retrouver au fond de ma mémoire le nom improbable que portent celles sur lesquelles nous avons jetés notre dévolu.

- « Des Kick'n'chicken et un cheesy bread, s'il vous plait. »

Elle m'apprend que nous serons livrés dans 45 minutes

Je la remercie et raccroche.

A la minute même où j'ai entrouvert la boîte contenant « cette chose », j'ai compris que je n'avais jamais été, de toute ma vie, ainsi mis en contact avec pareille incohérence culinaire.

Imaginez plutôt une gousse d'ail qui aurait été placé au c½ur d'une boule de pain. Cette même boule aurait été plongée par des soins sans égal, dans une solution composée à 97% de lipides et autres matières grasses liquides. Au bout d'une dizaine de minutes d'imbibation, la boule aurait été extirpée et aurait été placée, aplatie, au creux d'un four moderne, thermostat 7.

Une flopée de minutes plus tard, la boule aurait été dorée à point. Des perles d'huile s'écouleraient même le long de ses flancs luisants. Oui, elle aurait été parfaite !

Une fois cuite, elle aurait été placée dans une machine en forme de boîte, une machine qui serait en charge de créer des nuages d'huile et de beurre. La boule serait ainsi exposée pendant une nouvelle poignée de minutes à des vents de matières grasses très puissants...

Le résultat ?

Le voici :
Le Cheesy Bread :
# Posté le mardi 26 février 2008 17:02

En vie ? Oui, oui... Enfin, je crois...

Rassurez-vous, je vais bientôt effectuer de l'actualisation massive... Gardez espoir, hein ?

A quoi ressemble-je maintenant ?

A ça !
En vie ? Oui, oui... Enfin, je crois...
# Posté le lundi 25 février 2008 10:02

5 fruits et légumes / jour

Oui oui, j'ai été sensible à la promo monstre consistant à dire qu'il faut manger 5 fruits et légumes / jour.

Oui oui, chaque fois que je prends ma scootinette, je mange de l'orange à n'en plus pouvoir ! :D


C'est pô ça qu'il fallait faire ??!!
5 fruits et légumes / jour
# Posté le jeudi 14 février 2008 07:22

Premier court métrage : 2nd rôle masculin

# Posté le jeudi 17 janvier 2008 17:50
Modifié le mardi 05 février 2008 07:37

Driving License

Driving License
Ereintée, elle s'endormit à la relecture de la page 47 du « Code Rousseau ». Au petit matin, lorsque son réveil s'ébranla, elle se redressa dans son lit, raide comme un phallus atteint de priapisme. Une douzaine de minutes plus tard, elle séchait ses crins face au grand miroir de la salle de bains. Mademoiselle avait le bide en vrac et d'insupportables relents alourdissaient son haleine. Le stress, probablement. Quoi d'autre, après tout ?

Lui, il était saboulé milord comme le sont en général les gens importants. Il l'aperçu, remonta ses petits lorgnons sur son nez et l'invita à s'asseoir au volant. Ce qu'elle fit. Sa musculature abdominale accomplissait d'infimes spasmes qu'elle tentait vainement de calmer en respirant de plus en plus profondément.

- « C'est quand vous voulez Mademoiselle ! »

La demoiselle en question était une fille sérieuse, les commentaires des professeurs sur ses bulletins scolaires étaient là pour l'attester.

« Brillante en tout point. Un travail remarquable a été fourni toute l'année, continuez ainsi ! »

« Cette élève possède de grandes capacités d'écoute et de concentration ! »

« Travail très soigné ! »

L'heure était arrivée de passer l'épreuve du permis de conduire. En ayant comptabilisé 36 heures de conduite et passé l'essentiel de ses soirées à potasser le « Code Rousseau », la petite Cécile ne pouvait pas échouer. Elle prit une profonde respiration, sourit à l'examinateur et alluma les gaz. Il était précisément 9h29 du matin.

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Il fût arraché du sommeil par la sonnerie assassine de son réveil, un formidable réflexe lui permit d'enfoncer puissamment le buzzer de celui-ci. Il avait encore 7 minutes de répit devant lui, 7 longues minut...

Lorsque la sonnerie retentit à nouveau, il s'extirpa de son lit d'un bond. Il prit une douche express, enfila les sappes les plus proches et se dirigea vers le sous-sol où l'attendait son scooter. Il était précisément 09h46 quand il quitta le garage, dans une bruyante pétarade qui caractérise 2 choses. L'accélération des scooters et le début de la digestion de flageolets.

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Cécile était exemplaire. Un vrai modèle. Un prodige de la trajectoire ! Quelle souplesse dans la prise du rond-point. Sans mentir, elle menait sa kangoo bleue à l'amble. L'examinateur en avait l'½il tout humide et il se surprit lui-même à déchausser ses petits lorgnons pour en essuyer discrètement les contours...

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L'air glacial s'engouffrait dans ses manches. Faut dire qu'à 80 kilomètres à l'heure, la température n'est pas la même. Par chance, les feux saluaient sa venue en revêtant leurs vertes parures (La poésie moderne que ça s'appelle, la poésie moderne !) et il ne devrait pas tarder à arriver sur son lieu de travail.
Il maintenait toujours la manette des gaz, avalant les kilomètres d'une ligne droite au bout de laquelle était planté un feu... Un feu qui était vert, pour l'instant. A Bordeaux, il était 09h53.

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Cécile écrasa précautionneusement la pédale de freinage pour effectuer un arrêt complet devant un feu rouge. Il était 09h52.

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Le feu situé au bout de la ligne droite vira au orange puis au rouge. La vitesse à laquelle il était lancé, la peur d'arriver en retard au travail, voici probablement les raisons majeures qui expliquent (mais n'excusent pas !) pourquoi il grilla le feu à 9 heures et 54 minutes, soulevant sur son passage une moitié de prospectus rongé par la pluie.

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Cécile jeta un ½il rapide à l'horloge du tableau de bord. L'épreuve se terminerait bientôt car cela faisait maintenant presque 20 minutes qu'ils roulaient. Vrouuuuuuuuuuum !
Un bolide à deux roues venait de griller un feu, tout juste sous leurs yeux. L'examinateur toussota. Le feu passait au vert, Cécile redémarra.

- « Mademoiselle, vous avez vu la même chose que moi ? »

- « Oui Monsieur, j'ai vu » répondit-elle timidement.

Il prépara mentalement sa proposition et dit :

- « Mademoiselle, si vous me donnez le montant exact de l'amende que risque ce jeune homme, vous serez détentrice du permis B avant la fin de la matinée. »

Les idées se bousculèrent dans sa tête. Les vagues s'écrasèrent contre la coque du navire de sa réflexion. Les caisses s'écrasaient sur le bastingage, la houle emportait la voile. Des bouteilles volaient en éclat dans sa pensarde.

- « Combien ? Mais combien bon Dieu ? Je ne sais plus ! Si, je sais ! Non.. non je ne sais plus ! » pensait-elle


Des sueurs se mirent à parcourir son front et son dos. Elle ne savait pas !

L'examinateur rompu le silence :

- « Garez – vous ici Mademoiselle, j'ai vu ce que j'avais à voir. »

Il était 09h55.



On raconte ici et là que pour se rendre au travail, Cécile prend le bus... et cela depuis maintenant des années...
# Posté le mardi 08 janvier 2008 19:13

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