Hier encore, j'avais 20 ans.

Elle est étrange cette sensation de s'arracher à l'adolescence. Elle s'insinue progressivement dans le quotidien, d'abord discrète puis de plus en visible. Un matin, vous faites des gestes de manière machinales, des gestes que vous n'auriez pas eu l'idée de faire les mois précédents. Petit à petit, le comportement que vous aviez se métamorphose. On vous appelle « Monsieur » pour de vrai, pas seulement pour vous faire plaisir. Les responsabilités qui vous incombent prennent de l'ampleur, au fil du temps. On a finalement le dos assez large pour toutes se les trimballer. On se prend à rêver de paternité même, oui oui, j'vous jure. Pas pour tout de suite. Mais les épaules sont là, solides pour.


Probable qu'un tel texte fasse sourire. Je gâte mes détracteurs, quelle nature généreuse ! Regardez moi ce gamin, qu'ils se disent, ce morveux, cet empoté qui nous jacte de sa petite personne comme de sa première branlette. Avec tendresse.
Regardez le qui se flatte la prostate de la main gauche et qui se soigne l'épiderme à coups de caresses littéraires de la main droite. Non mais quel ego disproportionné ? C'est à se faire coïncider la raie culière avec l'arête de la commode ! Vous pensez qu'il irait jusqu'à fleurir sa propre tombe ? Mais oui, vous dis-je, un malade comme on n'en fait plus !

Elle est étrange cette sensation. Profite garçon, tu n'as que 20 ans...

Tony Servera

P.S : J'voudrais 2 mic-mac avec frite et cocards !

# Posté le jeudi 06 septembre 2007 16:46

Modifié le dimanche 09 septembre 2007 12:02

fear. [MAJ 3]

fear.                                           [MAJ 3]
[Cet article sera actualisé à chaque fois que l'écriture avancera... ou pas]

L'Homme, cette bestiole que tu as le loisir d'admirer chaque matin dans la glace sale de ta salle de bain est indéniablement incroyable. Cet être doué de raison (hum) n'en demeure pas moins ancré dans sa réalité organique. Délicate tâche que d'élever son esprit lorsque ton estomac chouine ou que ton intestin grêle réclame un arrêt aux stands. (Tu noteras l'habile manière de ne pas paraître vulgaire ;)

L'organique, c'est la partie instinctive du comportement humain, cette même partie qui régit le sentiment d'oppression et de peur. De nombreux produits culturels jouent sur ces sentiments... et les gens en raffolent...

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C'est un temps à noyer les cailloux. La nuit est là et en plus, il pleut. J'ai éloigné de moi l'idée d'une quelconque sortie pour y préférer l'optique de la soirée glandouille en bonne et due forme. Je me suis expédié un repas express et ait étendu mon mètre 75 de civisme et de respect de l'environnement en travers de mon plumard. Au programme, un bouquin. Les premières pages sont aussi mornes que les plaines de Waterloo. L'auteur n'a pas deux sous de talent et installe son récit à la va comme j'te pousse. Il abuse de parenthèses pompeuses et de comparaisons essoufflées. Dommage.
En léger fond sonore, j'ai lancé une liste aléatoire de morceaux. Le souci avec les listes aléatoires, c'est les rencontres improbables. Passer de Brassens à Fabolous, avouez qu'il y a un monde. Je ne m'en formalise pas. L'éclectisme mes amis, il n'y a que ça de vrai.
J'entame la lecture de la cinquième page, bercé par les chants celtiques de Matmatah et par la pluie cinglant la vitre lorsqu'il se produit une chose incongrue. Les hauts parleurs de mon ordinateur se mettent à parler et pire, à appeler à l'aide.

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Immédiatement, je balance le bouquin et me dirige vers l'ordinateur afin de comprendre. Je déplace ma souris sur le bouton pause du lecteur, clique et tend l'oreille. La voix d'un petit garçon qui braille comme quoi « Il a peur » et qu' « Il faut venir l'aider au plus vite » me parvient plus nettement. Un sourire amusé barre ma bouche dans les deux sens. Mouais. Je furète dans les fenêtres ouvertes de mon navigateur à la recherche d'un pop up geignard. Vous savez, le genre de sites publicitaires qui se lancent sans raisons et qui ne manquent pas de vous inviter à visiter leur site coquin et à vous prémunir d'un code allopass pour des rencontres « chaudes ». Seulement, me voilà forcé de me rendre à l'évidence, malgré la fermeture de toutes les fenêtres la voix se fait toujours entendre, tout aussi insistante. Me voilà sur le cul. C'est inexplicable, non ? Je baisse le volume des hauts parleurs, la voix du petit garçon en fait de même. Le son provient donc bien de mon ordinateur. Etonné, je repose ma paluche sur la souris afin de poursuivre mes recherches. Soudain, une fenêtre s'ouvre prenant la taille de l'écran, une fenêtre qui me glace le sang. J'ai le loisir d'y voir un petit garçon brun aux traits émaciés me supplier de l'aider, coûte que coûte.
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Il y a des moments où tu as l'impression très nette de lâcher la rampe. L'une des craintes viscérales que j'ai, c'est de perdre la raison. La folie me paralyse. Je m'imagine démuni, victime de la fuite de ma belle lucidité. Je me vois dans un fauteuil aussi vieux et croulant que moi, un filet de bave aux lèvres, en pleine dépossession de mes moyens. Je me vois rire à l'évocation d'horreurs, pleurer devant les drôleries d'hypothétiques petits enfants.
Reprends toi mon gros, t'es à deux doigts de passer de l'autre côté de la ligne. Cramponne toi aux réalités. Ne lâche surtout pas... surtout pas ! Tu rêves ou bien ?
Non. Les brailleries du mouflet l'attestent, il y a bien quelque chose qui se passe. Oui, mais quoi ?


Je reprends mon souffle et formule cette phrase à voix haute.

- « Tu m'entends ? »

Plus benêt tu meurs me diras-tu. Sauf qu'une fois ma phrase finie, l'enfant interrompt immédiatement sa plainte pour me donner du :

- « Oui, j'entends, j'entends ! Enfin ! Je vous en supplie, aidez-moi ! Il va revenir, il va revenir ! »

- « Qui va revenir, qui ? » me vois-je demander, frénétique.

- « L'homme en noir, il a dit qu'il rev... »

J'ai le temps de voir le visage du petit se tourner précipitamment sur sa droite et se crisper, la bouche entrouverte. L'écran noircit instantanément suivi de près par tout l'éclairage de mon appartement. Les plombs viennent de sauter.
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Ok ! Je suis dans un noir aussi complet qu'un pain du même nom, il pleut démesurément et je suis seul chez moi. Je viens de parler à un gamin qui m'appelle à l'aide via mon ordinateur par je ne sais quel procédé, décidément les choses ne s'arrangent pas. Mais... et si c'était vrai tout ça ? Et s'il y avait vraiment un gamin terrorisé quelque part qui aurait besoin d'aide. On entend tant de choses aux infos que mon aventure paraît anodine à côté. Viols, massacre collectif, suicide, pédophilie, agressions qui dégénèrent, rapt d'enfants, pourquoi après tout je ne pourrais pas croire ce qui m'arrive. Voir cela comme une chance de sauver ce drôle. Peut être sa seule chance d'ailleurs. Un détail me revient à l'esprit, un détail sur lequel j'ai attardé ma paire d'yeux une demie seconde après l'apparition de l'image à l'écran qui me décide à y croire. Juste derrière le petiot, il y avait deux interrupteurs blanc côte à côte ainsi qu'un troisième un poil plus haut. Rien de transcendant à première vue, sauf lorsqu'on possède le même dispositif à la maison. Pour faire bref, ma résidence servait, avant d'être rachetée, de centre d'aide à domicile. L'alternative à la maison de retraite quoi. Un moyen pour les personnes âgées de continuer à vivre chez eux, tout en recevant des soins réguliers et en étant sous surveillance au cas où. L'un des deux interrupteurs sert en fait à déclencher une alarme... enfin, c'est ce que m'a expliqué la propriétaire lors de l'état des lieux. Elle avait ajouté que le système avait été désactivé et que je n'avais pas à avoir peur d'appuyer dessus par mégarde.
L'évidence donc, c'est que le petit garçon se trouve dans l'un des appartements de ma résidence. Il est temps pour moi de faire quelque chose. Je tâtonne le plus vite possible jusqu'à ma porte d'entrée, franchit le pas. Au dehors la pluie torrentielle continue de s'abattre...

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Je marche aussi vite que possible, à l'aveugle en direction des escaliers. C'est dans ces moments là que je regrette de ne pas faire parti du cercle très public des fumeurs. Le fumeur est disciple direct de Prométhée, j'entends par là que tu as plus de chances de trouver du feu sur lui que sur moi. La preuve. Je colle ma main droite à la moquette recouvrant les murs du couloir et cherche. Un contact froid. La porte ! J'ouvre à la volée. Descendre des escaliers dans un noir total, j'avoue que je n'ai pas l'habitude. C'est aussi prudent qu'un équilibriste unijambiste à qui l'on a promis une augmentation s'il réussit ce soir la traversée du câble sans filet que je m'élance. Une marche, puis une autre... Me voilà au pied de l'escalier et, saluons la prouesse, je suis toujours en vie. Je me dirige, aussi précautionneux qu'un démineur épileptique, vers le hall. Tu remarqueras que nous autres, dans le noir, on a tendance à tendre les mains vers l'avant. Et c'est justement parce que je ne fais pas exception qu'une désagréable sensation me parcourt l'échine. Je viens de toucher quelque chose du bout des doigts. Un quelque chose de chaud, de mou qui s'apparente, si je ne m'abuse à (je vous arrête de suite les amis, pour ce genre de lecture là, faites vous conseiller dans votre sex-shop favori) un corps humain. Un cri m'arrache les tympans. Un cri qui a la bonté de s'interrompre parce qu'éclairé par les ampoules alimentées du couloir. Ce cri appartient, je te le donne en mille, à Madame Brochet. Cette petite vieille dame reprend son souffle, la main posée sur le c½ur.

- « Vous m'avez flanqué une de ces peurs, jeune homme » qu'elle me dit, à demi mots.

- « J'en suis désolé Madame Brochet, le courant a sauté alors je suis descendu voir si j'étais la seule... victime. »

Je pouffe de rire, histoire de. Madame Brochet me fait un petit sourire de circonstance, me salue et se dirige vers la porte de son appartement à une vitesse tolérée par ses vieilles guiboles. Je m'éloigne avant qu'elle ne me prenne pour fou. Du hall dans lequel je viens d'atterrir me parvient la sonnette qu'elle vient de presser. Bon... me voilà devant les boîtes aux lettres... et maintenant ?

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J'pourrais décider, sur un coup de tête de fuir et d'appeler la police même. Seulement je me dis que la technique à employer dans le cas présent, c'est la discrétion. Dans un premier temps, il faut dénicher l'appartement dans lequel se trouvent le gamin et son agresseur. Dans un deuxième temps, je pourrais appeler les flics pour qu'ils viennent procéder à l'arrestation. Seulement, je me trouve au pied du mur. Comment trouver l'appartement ? Il y a en a des centaines, sinon le double. Autant trouver une anguille dans une botte en daim, isn't ?
J'actionne les plaques chauffantes de mon cervelet dans l'espoir de mieux raisonner. Une seconde se passe, puis une seconde, lorsque je tilte. Il est tard, du moins, suffisamment tard pour que les gens soient de retour chez eux. Si je déclenche l'alarme à incendie, ça va être le bras le bas de combat. Les flammes et les enfants débordent ! Tu vois le topo ? Dans la précipitance (je sais, mais c'est fait exprès) ces ânes (Paul ?) en oublieront sans doute de fermer leurs portes. Ouvertes, je pourrais m'en servir de repères pour mes recherches. Mouais. Il suffit qu'ils aient potassé la rubrique « Conserver son logis à l'abri des flammes » de leur almanach préféré pour que je l'ai dans l'os. A moins que...

A suivre... ou pas

# Posté le dimanche 26 août 2007 00:16

Modifié le mercredi 29 août 2007 03:32

J'suis vivant !

C'est pas bientôt fini d'expédier des gerbes de fleurs à ma famille ?! J'suis vivant, nom d'une rondelle de citron déshydratée ! VI-VANT !

Pour preuve, je viens de tourner dans "Nos 18 ans", un long métrage réalisé par Frédéric Berthe avec Michel Blanc...

C'est un monde ça alors... :)


J'suis vivant !

# Posté le dimanche 19 août 2007 21:12

Le phénomène « Vitaa » ou comment transformer le plomb dans l'aile en or

Le phénomène « Vitaa » ou comment transformer le plomb dans l’aile en or
Vitaa, de son vrai nom Charlotte Gonin est une victime de la vie. Meurtrie, trompée, trahie, usurpée, menée en bateau, les expressions pleuvent pour qualifier cette artiste attristée. Des larmes, des gros sanglots, des complaintes gueulées à la face du ciel, les expressions pleuvent pour qualifier le quotidien de cette chanteuse désenchantée...







Alors, je vous demanderais gentils lecteurs de ne pas acheter son album dans un but plus qu'honorable : celui de la blesser pour nourrir son inspiration et ses futures chansons...







C'est tout con, mais il fallait y penser ! :)

# Posté le lundi 06 août 2007 10:44

Tony Servera

Tony Servera ™ en quelques chiffres :

Derrière le regard faussement bleuté et les muscles saillants (sic) se cachent en fait une tripotée de personnes opérant dans l'ombre.

Tony Servera™ c'est :


* 10 écrivains déjantés

Que font-ils ?

Ils alimentent sa Genèse en pondant des textes longs, très longs. Le but étant avant tout de décourager les lecteurs les plus émérites mais de laisser une impression de talent exacerbé. Ils rédigent les commentaires et se corrigent les uns les autres afin de proposer des textes comprenant le moins de fôtes possible !

Véritables touche à tout, ce collectif d'écrivains s'illustre aussi bien dans l'écriture de poésie que dans celle de nouvelles héroïco fantastique. Enfin « s'illustre », ils essayent quoi.


* 8 infographistes chevronnés

Que font-ils ?

Issus des plus grandes écoles d'infographie arménienne, ces talentueux artistes sont chargés de produire les éléments de décoration de l'espace de création Tony Servera™. Diplômés pour la plupart d'une maîtrise en logiciel de retouches photographique, Paint© et autres n'ont pour eux, aucun secret !


* 2 photographes de mode

Que font-ils ?

Ces forcenés du téléobjectif traquent la photo qui fera sensation. Paparazzi reconvertis après une sombre histoire touchant à la fois à la famille royale d'Angleterre et au pylône du pont de l'Alma, ces deux photographes s'affichent maintenant comme deux maîtres discrets de la lentille grossissante et du zoom x 3.


* 1 humoriste raté

Que fait-il ? (ou plutôt « que ne fait-il pas »)

Véritable puit de science humoristique, prodige de la blague qui tombe à plat et du bide intersidéral, artisan de la répartie mal répartie, ce monsieur s'astreint malgré lui à des disciplines tel que « les pieds dans le plat » et de l' « Ah mince, je vous l'ai déjà raconté celle là ». Il anime également des mariages et des baptêmes le dimanche, à l'occasion... quand on l'appelle quoi... Enfin, quand il s'invite... plutôt.


* 1 modèle (amateur)

Que tente-il de faire ? (ou plutôt « faire que tente de il ? »)

Il prête son visage et ses kilos superflus à la cause. Et c'est déjà pas mal vu qu'il ne faut pas « trop » lui en demander... Vous m'aurez compris !

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Mes sincères condoléances à celles et ceux qui pensaient avoir enfin croisé la route d'un personnage aussi humble qu'unique. ;)
Tony Servera ™

# Posté le lundi 06 août 2007 09:39

Modifié le lundi 06 août 2007 09:59

-phage

-phage
« Décrire une personne est une tâche délicate car décrire, au fond, c'est connaître. »

A 43 ans, Louis Brochet n'avait jamais loupé un repas de sa vie. C'est donc tout naturellement qu'il emboita le pas d'un serveur quand sonna midi. Sa centaine de kilos fit grincer la chaise accueillant son postérieur mais il ne s'en formalisa pas et s'enquît aussitôt du plat composant le menu du jour. Louis Brochet réclama une bouteille de Bordeaux et commanda dans l'ordre un assortiment de jambons, des ½ufs mimosa ainsi qu'une assiette d'huîtres laiteuses. Il enchaina avec une côte de b½uf sauce roquefort servie avec ses quartiers de pommes de terre puis avec des rognons sauce madère. Une fois ces plats terminés, les tables à proximité de Louis Brochet retinrent leur souffle.

Il héla le loufiat qui rappliqua, au garde à vous. Il lui commanda une nouvelle bouteille de rouge, la sienne étant vide, et demanda à ce qu'on lui porte quelques côtelettes d'agneau braisées suivies d'un carpaccio de saumon. Le serveur acquiesça, visiblement décontenancé. Lorsque que les plats arrivèrent, encore fumants, Louis Brochet venait de terminer sa deuxième boutanche de rouge. Ses yeux de bovidés chargés comme des carrioles s'étaient teintés d'un curieux éclat. Il était beurré. Ses doigts cramponnèrent l'une des côtelettes qu'il porta à ses lèvres adipeuses. Il se mit à les déchiqueter au milieu d'un silence religieux. Le carpaccio, quant à lui, connut le même sort. Les assiettes vides, régulièrement emportées par le serveur s'entassaient en cuisine.

Louis Brochet bût la dernière goutte de vin contenue par son verre et héla à nouveau le serveur en lui demandant que lui soit portée la note. Un homme, musicien à en juger par la trompette qu'il transportait avec lui, fit alors son apparition. Il demanda à Louis Brochet si celui-ci était prêt, ce à quoi il répondit par l'affirmative. Le trompettiste porta le bec de l'instrument à ses lèvres et souffla. Louis Brochet avait fermé les yeux et semblait très concentré. Le serveur avait rejoint le musicien et se tenait maintenant près de lui.

- « Il va falloir répondre Monsieur Brochet.»

Le temps semblait suspendu, de grosses gouttes de sueur se mirent à perler sur son front. Il redressa la tête et dit :

- « Je pense que c'est un Si Bémol, messieurs ! »

Le serveur plongea immédiatement ses yeux dans ceux du trompettiste qui hocha la tête.

- « Il a raison, c'était bien un Si Bémol ! »

Interdit, dépité, le serveur disparu en cuisine. Louis Brochet se souleva en faisant à nouveau grincer la chaise et s'éloigna en direction de la porte d'entrée sous les ovations des clients que comptait encore le restaurant à cette heure avancée de l'après-midi.

# Posté le dimanche 05 août 2007 22:38

Modifié le lundi 06 août 2007 07:26

Petit, petit, petit...

Sa folle course plie l'herbe frêle, elle ne se retourne pas, accélérant encore. Des branches cinglent son visage à demi découvert. Son c½ur frémit, étreint par la peur. Les grondements se rapprochent, se rapprochent...
Petit, petit, petit...

# Posté le mardi 31 juillet 2007 21:24

A vot' bon coeur, m'ssieurs dames

A vot' bon coeur, m'ssieurs dames
Je n'arrive toujours pas à le croire, ces forbans n'ont pas voulu publier ma création sur leur site de numismates déjantés !







LEUR SITE








Mais pourquoi ? T'as une idée toi ?

# Posté le mardi 31 juillet 2007 21:05

Ah malchance, quand tu nous tiens !

Je suis né maudit, haï des Dieux. Pour vous dire, la chance m'a tant cocufié qu'il serait déplacé d'en faire étalage. Et pourtant, j'insiste, caractériel que je suis. Je m'escrime à réclamer ma part de gâteau, ma place au soleil, mon dû etc.... Enfin, tu m'as compris.
Je ne suis pas du genre à me laisser marcher sur la hure en général... et pourtant
!

Un fond de rétine agressé à coup de pop up bariolés, forcément ça influence. Alors j'ai franchi le pas
de l'achat par internet...

Le Destin d'une Légende :

Hitman : Blood Money commandé sur internet ne fonctionne pas sur mon ordinateur. Du coup, le tueur à gages coiffé d'une peau de fesses se met à pratiquer une forme de « kabuki » dès le premier niveau.
Lamentable !

C'est avec empressement que je déchire l'emballage contenant « Les Sims 2 ». Quelle surprise ! C'est la version PSP... console que je ne possède pas... Je me tâte à appeler Julien Courbet mais renonce vaincu...

Ma souris criant relâche, je décide d'investir dans le modèle « Notebook Optical Mouse 3000 Gray ».

Aguerri par mes précédentes expériences, je tente de ne laisser passer aucun détail, je passe le descriptif au crible en quête de la moindre coquille. Nope ! Alors j'achète, la reçoit par courrier... pour finalement m'apercevoir qu'il s'agit d'un modèle très en vogue... pour les ordinateurs portables !

« Où est la différence ? » me demanderez-vous. Oh, elle n'est pas grande la différence... Disons juste que la longueur du fil est à ce point courte que je n'arrive pas à atteindre l'arrière de mon ordinateur... La classe, hein ?

Les beaux jours pointant le bout de leurs nez, je décide de protéger ma paire d'yeux bleus avec des lunettes. Tiens donc «Vente-Privee.com » vend des modèles de marques à bas prix aujourd'hui, et si j'en profitais ?

L'étui ouvert, un scepticisme certain commence à m'envahir. Persévérant, je décide tout de même de les essayer. Manque de bol, la largeur de ma tête fait, au bas mot, 10 centimètres de trop... Dans le même genre, je n'ose même pas vous parler du pantalon dégriffé Calvin Klein que j'avais commandé... Les pompiers ont mis 2 jours à m'en déloger...

N'oublions pas non plus ce DVD qui était sous-titré dans toutes les langues... sauf en français... et cette carte SD qui n'était pas compatible avec mon appareil photo...

Qu'est-ce que vous voulez, sur Ebay les gens m'appellent bien la « Power Failure » alors bon après tout...


N.B : Il est évident que ces petites misères ne sont rien vis-à-vis de ce que peuvent endurer bon nombre de mes contemporains. Le ton est léger, ça ne signifie pas forcément que je n'ai pas de recul... ;)
Ah malchance, quand tu nous tiens !

# Posté le mardi 31 juillet 2007 20:28

Modifié le mercredi 01 août 2007 07:48

Les nuits d'un damoiseau

J'avais beaucoup apprécié - l'originale - alors j'ai décidé d'en ré-écrire une à ma manière ! :)



Que c'est bon d'être damoiseau
Car le soir dans mon plumard,
Quand le vent vient frôler les roseaux
Quand doucement descend le soir :

Je me fais agacer le méridien,
Je me fais souffler dans le biniou,
Je me fais cajoler le machin,
Je me fais bricoler le bambou.

Je me fais briquer le pont,
Je me fais satiner la veine bleue,
Je me fais poivrer le saumon,
Je me fais souffler sur le feu.

Je me fais poncer le Mont Chauve,
Je me fais engloutir le bonhomme,
Je me fais caresser le fauve,
Je me fais croquer dans la pomme.

Je me fais feuilleter le polard,
Je me fais aiguiser le couteau,
Je me fais mordiller le lard,
Je me fais raboter le poteau.

Je me fais tailler le crayon,
Je me fais éclairer le phare,
Je me fais lustrer le dardillon,
Je me fais coloniser le territoire.

Je me fais tendre l'arbalète,
Je me fais cuisiner le poireau,
Je me fais décharger la palette,
Je me fais banderiller le taureau.

Je me fais gonfler le dirigeable,
Je me fais dîner la coquette,
Je me fais huiler le câble,
Je me fais repasser la socquette.

Et vous me demanderez peut être
Ce que je fais le jour durant
Oh ! Cela tient en peu de lettres
Le jour, j'en rêve tout simplement.


Tony Servera

# Posté le jeudi 19 juillet 2007 14:54